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Une action d'éducation pour la santé auprès de la communauté d'Emmaüs de Bernes sur Oise ( 20/08/2009 )

Le lieu de vie à Puiseux le Hautberger
Le lieu de vie à Puiseux le Hautberger
Quand un travail d'approche permet d'identifier les attentes d'une population...

Titre de l’action :

Une action d’éducation pour la santé sur le thème de l’alimentation à la communauté Emmaüs de Bernes/Oise.

 

« L’éducation pour la santé est un ensemble de méthodes et de démarches pédagogiques et de communication parmi d’autres (diagnostic des besoins, planification) au service de la promotion de la santé et de la prévention, pour accroître l’autonomie, la capacité de faire des choix favorables à la santé :

- en respectant la liberté, en promouvant la responsabilité des personnes

- en développant les connaissances et les compétences

- en favorisant l’estime de soi et l’attention aux autres ».

C.Bouchet, Zoom sur la prévention, l’éducation pour la santé, la promotion de la santé, octobre 2000.

 

POUR RESUME, L’EDUCATION POUR LA SANTE C’EST  :

- mettre l’individu ou le groupe au centre du projet

- faire avec et pour les personnes : mettre en avant leurs ressources plus que leurs carences

- se placer du côté des causes du problème plutôt que du côté des conséquences pour pouvoir agir

- être à l’écoute des besoins et attentes

- s’adresser aux responsables pour agir sur les environnements.

  

Donner à la communauté les moyens d’adopter des comportements favorables en matière d’alimentation.

Relever les attentes.

Identifier les représentations du public.

Informer le public.

Mobiliser le public sur le lien alimentation et santé.

Mettre en place un atelier sur l’alimentation auprès d’un groupe de compagnons permettant la réflexion et l’échange de paroles en partant de leurs représentations et de leurs attentes.

 

Une rencontre entre le CODES et Emmaûs le 24 octobre 2008 a permis aux partenaires de se présenter et d’identifier les attentes de la communauté sur le thème de l’alimentation . Le CODES a pu apporter un soutien méthodologique concernant le remplissage de l’appel à projet du GRSP (Groupement Régional de Santé Publique) et la recherche d’un prestataire pour réaliser le diagnostic sur l’alimentation au sein de la communauté.

  

La communauté Emmaüs loge et nourrit 45 compagnons dans sa résidence sociale de Puiseux le Hauberger. Elle emploie un cuisinier, salarié de l’association pour réaliser tous les repas. Elle constate un fort déséquilibre alimentaire pour 70% des compagnons, il n’existe aucun repère alimentaire du fait de leur déshérence avant l’arrivée dans la structure. Les compagnons qui sont accueillis ont leurs propres habitudes alimentaires qu’il y a lieu de faire évoluer pour leur permettre d’avoir une meilleure santé physique et morale. La communauté entreprend avec son cuisinier un travail de remise en cause concernant l’exécution des repas, l’achat des aliments, dans la perspective de procurer aux compagnons une alimentation plus naturelle et plus équilibrée qui soit plus adaptée à leurs habitudes culturelles. Ce travail de remise en cause sera fait avec l’aide d’un expert extérieur, qui établira un diagnostic de la situation actuelle et dont nous attendons les préconisations alimentaires que nous souhaitons mettre en œuvre. L’expert a été sélectionné en prenant en compte son expérience en milieu social multiculturel. Il établira un plan d’amélioration alimentaire qui devra être expliqué aux compagnons pour qu’ils changent leurs repères alimentaires.

Ce diagnostic a été réalisé par Diétitude en févier 2009.

L’enquête menée pose les constats suivants :

- les menus correspondent aux besoins des compagnons, alimentation équilibrée

- proposer une amélioration technique en proposant un plan alimentaire

- conservation des plats non conforme

- problème d’hygiène, de rangement et de conformité de la cuisine lié au manque de définition du poste de chef de cuisine, à l’absence de consigne écrite, au manque de formation

- pas de prise en compte des attentes du public (menus culturels).

Des préconisations ont été proposées concernant :

- le rangement de la cuisine

- la conservation des restes

- le contrôle des températures

- l’établissement d’un plan de nettoyage.

Le 11 mars, Diétitude et Emmaüs ont pu travailler sur les menus et l’hygiène.

Suite à la mise en place des préconisations de Mme Guérin de Diétitude, le CODES propose la mise en place d’un atelier d’éducation pour la santé auprès des compagnons. Cette action s’appuiera sur le Programme Alimentation Insertion (PAI) qui a été mis en place en 2003 par le Secrétariat d’Etat à la lutte contre l’exclusion et la précarité. En cohérence avec les objectifs et recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) qui vise à améliorer l’équilibre nutritionnel des personnes en situation de précarité, et à faire de l’alimentation un facteur d’insertion en favorisant, autour du repas, toutes les actions créatrices de lien social.

Cependant, cet atelier trouvera sa cohérence si les préconisations de Diétitude sont étudiées par la communauté.

 

Le CODES a proposé un travail d’approche auprès des compagnons : rencontres informelles sur le lieu de vie et de travail afin d’instaurer une relation de confiance qui permettra d’identifier leurs attentes et de proposer un atelier en adéquation.

Avril 2009 : Identification des attentes

Mai/Juin : Atelier de sensibilisation sur l’alimentation (durée définie suite au recueil des attentes).

Utilisation d’outils pédagogiques et de documents de diffusion pour favoriser la convivialité et le côté ludique.

Animations basées sur une démarche participative (« donner envie de ») et sur l’interactivité.

Septembre : Evaluation intermédiaire.

 

 
 
 
 

Emmaüs pour la phase identification des attentes.

GRSP2009 (demande d’Emmaüs) pour l’atelier.

Ce projet n’a pas été financé par le GRSP (réponse en mai 2009). Emmaüs a souhaité la continuité du partenariat et prendra en charge les prestations du CODES.

Pour Stufflebeaum et Demarteau, « Evaluer c’est produire des connaissances (définir ce que l’on veut observer et recueillir des données en définition des critères et des indicateurs) sur lesquelles on applique un jugement (analyser et interpréter les résultats) pour prendre des décisions (utiliser les résultats) » (Petit guide de l’évaluation en promotion de la santé, François NOCK, 2006)

* l’évaluation du processus (la stratégie, les activités, le calendrier, l’utilisation des moyens humains, techniques et matériels) s’intéresse aux liens qui existent entre les différents éléments du programme et les résultats produits ;

* l’évaluation de l’impact cherchera à établir dans quelle mesure les objectifs du programme sont atteints et à noter les changements provoqués par l’action sur la population concernée.

Auprès du public :

- Evaluation à la fin de chaque séance par questionnaire ou par voie orale pour les publics en difficulté avec la langue française.

- Evaluation en fin d’atelier par questionnaire ou par voie orale pour les publics en difficulté avec la langue française.

Auprès des professionnels :

- Evaluation à la fin de l’atelier (processus et impact).

- Evaluation écrite par le référent de la structure, à la demande du CODESS par rapport à l’action dans sa globalité (de la préparation à l’impact et aux suites à donner à l’action).

Rédaction d’articles pour la presse

 

 

Evaluation :

Nous avons identifié très vite que les compagnons n’avaient pas de demande sur l’alimentation. Pour eux, les repas proposés correspondent à leurs besoins, ils mangent équilibrés et leurs propositions ont été mises en application (plus de variétés, halal).

En réalité, la communauté semble être en demande de « vie sociale » au sein du lieu de vie (loisirs).

Nous avons présenté le dispositif « Cultures du Cœur » qui propose aux personnes en difficultés économiques des places de spectacles (théâtre, cirque, concert), cinéma, piscine

Les compagnons nous ont parlé de la commission « loisirs » mise en place au sein de la communauté (organisation de sorties) qui ne parait pas assez exploitée. De plus, aucun responsable n’est présent le soir pour lancer une dynamique pourtant Raoul (responsable présent à cette rencontre) nous informe qu’il a une mission d’animation mais le manque de personnel ne lui permet pas de la développer.

Propositions des compagons : soirée « film », échecs, sortie culturelle, marche, loto, repas à thèmes

Nous avons constaté que de nombreuses richesses ne sont pas toujours utilisées : par exemple, la salle de remise en forme pourrait servir à la programmation d’activités, le car utilisé pour des sorties culturelles en lien avec Cultures du Cœur ou la visite de structure ou pour réaliser le bilan de santé pris en chargé par la sécurité sociale (revoir les conditions à respecter).

Nous avons organisé un moment festif autour d’un barbecue, le13 août, avec la préparation par les compagnons de cocktail sans alcool. Nous les avons incité a être relais auprès de leurs collègues pour les informer de cette rencontre et pour les inciter à participer à son organisation afin de mettre en avant les compétences de chacun (courses, repas, cocktail, musique, recherche de vaisselles appropriés à l’espace vente). Pendant ce repas, les propositions « loisirs » des compagnons seront présentées au restant de la communauté. Les amis et salariés ont été invités.

Les résultats ont été présentés au bureau d’Emmaüs le 11 septembre.

Constats CODES   : demande de dynamique sociale et pas de besoin exprimé sur l’alimentation, cependant travail à faire avec l’équipe cuisine au niveau de l’hygiène, de la gestion des restes, de la rupture de la chaîne du froid

Propositions CODES   : valoriser les savoirs et savoirs-faire des compagnons, utiliser les richesses de la communauté (salle de remise en forme, minibus), favoriser la convivialité, repérer les principes de l’alimentation équilibrée, proposer des temps à thèmes (activités de remise en forme, soirées films, sortie culturelle, repas à thèmes), réaliser le document « gestion des tâches », favoriser la connaissance mutuelle de l’ensemble des intervenants (compagnons, amis, salariés) â ces premières actions permettront d’étoffer les demandes des compagnons et d’amener à une expression des besoins.

Ces propositions pourront se mettre en place si il y a une réelle volonté de la communauté de procéder aux changements, préalable nécessaire à la mise en place d’actions concrètes.

Nous souhaitons que le travail du CODES concernant la mise en avant de ces constats permettra à la communauté de réfléchir sur les suites à donner.

Le CODES propose une continuité dans le partenariat par un soutien méthodologique.

 


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