Quand un travail d'approche permet d'identifier les attentes d'une population...
Titre
de l’action :
Une action
d’éducation pour la santé sur le thème de
l’alimentation à la communauté Emmaüs de Bernes/Oise.
« L’éducation
pour la santé est un ensemble de méthodes et de démarches
pédagogiques et de communication parmi d’autres (diagnostic
des besoins, planification) au service de la promotion de
la santé et de la prévention, pour accroître l’autonomie, la
capacité de faire des choix favorables à la santé :
- en respectant la
liberté, en promouvant la responsabilité des personnes
- en développant
les connaissances et les compétences
- en favorisant
l’estime de soi et l’attention aux
autres ».
C.Bouchet, Zoom sur la
prévention, l’éducation pour la santé, la promotion de la
santé, octobre 2000.
POUR
RESUME, L’EDUCATION POUR LA SANTE
C’EST :
- mettre
l’individu ou le groupe au centre du projet
-
faire avec et pour les personnes : mettre en avant leurs
ressources plus que leurs carences
- se placer du
côté des causes du problème plutôt que du côté des conséquences
pour pouvoir agir
-
être à l’écoute des besoins et attentes
- s’adresser
aux responsables pour agir sur les environnements.
Donner à la communauté
les moyens d’adopter des comportements favorables en matière
d’alimentation.
Relever les
attentes.
Identifier les
représentations du public.
Informer le
public.
Mobiliser le public sur
le lien alimentation et santé.
Mettre en place un
atelier sur l’alimentation auprès d’un groupe de
compagnons permettant la réflexion et l’échange de paroles en
partant de leurs représentations et de leurs attentes.
Une rencontre entre le
CODES et Emmaûs le 24 octobre 2008 a permis aux partenaires de se
présenter et d’identifier les attentes de la communauté sur
le thème de l’alimentation . Le CODES a pu apporter un
soutien méthodologique concernant le remplissage de l’appel à
projet du GRSP (Groupement Régional de Santé Publique) et la
recherche d’un prestataire pour réaliser le diagnostic sur
l’alimentation au sein de la communauté.
La communauté Emmaüs
loge et nourrit 45 compagnons dans sa résidence sociale de Puiseux
le Hauberger. Elle emploie un cuisinier, salarié de
l’association pour réaliser tous les repas. Elle constate un
fort déséquilibre alimentaire pour 70% des compagnons, il
n’existe aucun repère alimentaire du fait de leur déshérence
avant l’arrivée dans la structure. Les compagnons qui sont
accueillis ont leurs propres habitudes alimentaires qu’il y a
lieu de faire évoluer pour leur permettre d’avoir une
meilleure santé physique et morale. La communauté entreprend avec
son cuisinier un travail de remise en cause concernant
l’exécution des repas, l’achat des aliments, dans la
perspective de procurer aux compagnons une alimentation plus
naturelle et plus équilibrée qui soit plus adaptée à leurs
habitudes culturelles. Ce travail de remise en cause sera fait avec
l’aide d’un expert extérieur, qui établira un
diagnostic de la situation actuelle et dont nous attendons les
préconisations alimentaires que nous souhaitons mettre en
œuvre. L’expert a été sélectionné en prenant en compte
son expérience en milieu social multiculturel. Il établira un plan
d’amélioration alimentaire qui devra être expliqué aux
compagnons pour qu’ils changent leurs repères
alimentaires.
Ce diagnostic a été
réalisé par Diétitude en févier 2009.
L’enquête menée
pose les constats suivants :
- les menus
correspondent aux besoins des compagnons, alimentation
équilibrée
- proposer une
amélioration technique en proposant un plan alimentaire
- conservation des
plats non conforme
- problème
d’hygiène, de rangement et de conformité de la cuisine lié au
manque de définition du poste de chef de cuisine, à l’absence
de consigne écrite, au manque de formation
- pas de prise en
compte des attentes du public (menus culturels).
Des préconisations ont
été proposées concernant :
-
le rangement de la cuisine
-
la conservation des restes
-
le contrôle des températures
-
l’établissement d’un plan de nettoyage.
Le 11 mars, Diétitude
et Emmaüs ont pu travailler sur les menus et
l’hygiène.
Suite à la mise en
place des préconisations de Mme Guérin de Diétitude, le CODES
propose la mise en place d’un atelier d’éducation pour
la santé auprès des compagnons. Cette action s’appuiera sur
le Programme Alimentation Insertion (PAI) qui a été mis en place en
2003 par le Secrétariat d’Etat à la lutte contre
l’exclusion et la précarité. En cohérence avec les objectifs
et recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) qui
vise à améliorer l’équilibre nutritionnel des personnes en
situation de précarité, et à faire de l’alimentation un
facteur d’insertion en favorisant, autour du repas, toutes
les actions créatrices de lien social.
Cependant, cet atelier
trouvera sa cohérence si les préconisations de Diétitude sont
étudiées par la communauté.
Le CODES a proposé un
travail d’approche auprès des compagnons : rencontres
informelles sur le lieu de vie et de travail afin d’instaurer
une relation de confiance qui permettra d’identifier leurs
attentes et de proposer un atelier en adéquation.
Avril 2009 :
Identification des attentes
Mai/Juin : Atelier
de sensibilisation sur l’alimentation (durée définie suite au
recueil des attentes).
Utilisation
d’outils pédagogiques et de documents de diffusion pour
favoriser la convivialité et le côté ludique.
Animations basées sur
une démarche participative (« donner envie de ») et sur
l’interactivité.
Septembre : Evaluation
intermédiaire.
Emmaüs pour la phase
identification des attentes.
GRSP2009 (demande
d’Emmaüs) pour l’atelier.
Ce projet n’a pas
été financé par le GRSP (réponse en mai 2009). Emmaüs a souhaité la
continuité du partenariat et prendra en charge les prestations du
CODES.
Pour Stufflebeaum et
Demarteau, « Evaluer c’est produire des
connaissances (définir ce que l’on veut observer et
recueillir des données en définition des critères et des
indicateurs) sur lesquelles on applique un jugement (analyser et
interpréter les résultats) pour prendre des décisions (utiliser les
résultats) » (Petit guide de l’évaluation en
promotion de la santé, François NOCK, 2006)
*
l’évaluation du processus (la stratégie, les activités, le
calendrier, l’utilisation des moyens humains, techniques et
matériels) s’intéresse aux liens qui existent entre les
différents éléments du programme et les résultats produits
;
*
l’évaluation de l’impact cherchera à établir dans
quelle mesure les objectifs du programme sont atteints et à noter
les changements provoqués par l’action sur la population
concernée.
Auprès du
public :
- Evaluation à la
fin de chaque séance par questionnaire ou par voie orale pour les
publics en difficulté avec la langue française.
- Evaluation en
fin d’atelier par questionnaire ou par voie orale pour les
publics en difficulté avec la langue française.
Auprès des
professionnels :
- Evaluation à la
fin de l’atelier (processus et impact).
- Evaluation
écrite par le référent de la structure, à la demande du CODESS par
rapport à l’action dans sa globalité (de la préparation à
l’impact et aux suites à donner à l’action).
Rédaction
d’articles pour la presse
Evaluation
:
Nous avons identifié
très vite que les compagnons n’avaient pas de demande sur
l’alimentation. Pour eux, les repas proposés correspondent à
leurs besoins, ils mangent équilibrés et leurs propositions ont été
mises en application (plus de variétés, halal).
En réalité, la
communauté semble être en demande de « vie sociale » au
sein du lieu de vie (loisirs).
Nous avons
présenté le dispositif « Cultures du Cœur »
qui propose aux personnes en difficultés économiques des places de
spectacles (théâtre, cirque, concert), cinéma,
piscine
Les compagnons nous ont
parlé de la commission « loisirs » mise en place au sein
de la communauté (organisation de sorties) qui ne parait pas assez
exploitée. De plus, aucun responsable n’est présent le soir
pour lancer une dynamique pourtant Raoul (responsable présent à
cette rencontre) nous informe qu’il a une mission
d’animation mais le manque de personnel ne lui permet pas de
la développer.
Propositions des
compagons : soirée « film », échecs, sortie culturelle,
marche, loto, repas à thèmes
Nous avons constaté que
de nombreuses richesses ne sont pas toujours utilisées : par
exemple, la salle de remise en forme pourrait servir à la
programmation d’activités, le car utilisé pour des sorties
culturelles en lien avec Cultures du Cœur ou la visite de
structure ou pour réaliser le bilan de santé pris en chargé par la
sécurité sociale (revoir les conditions à
respecter).
Nous avons organisé un
moment festif autour d’un barbecue, le13 août, avec la
préparation par les compagnons de cocktail sans alcool. Nous les
avons incité a être relais auprès de leurs collègues pour les
informer de cette rencontre et pour les inciter à participer à son
organisation afin de mettre en avant les compétences de chacun
(courses, repas, cocktail, musique, recherche de vaisselles
appropriés à l’espace vente). Pendant ce repas, les
propositions « loisirs » des compagnons seront présentées
au restant de la communauté. Les amis et salariés ont été
invités.
Les résultats
ont
été présentés au bureau d’Emmaüs le 11
septembre.
Constats CODES : demande de dynamique sociale
et pas de besoin exprimé sur l’alimentation, cependant
travail à faire avec l’équipe cuisine au niveau de
l’hygiène, de la gestion des restes, de la rupture de la
chaîne du froid
Propositions CODES : valoriser les savoirs et
savoirs-faire des compagnons, utiliser les richesses de la
communauté (salle de remise en forme, minibus), favoriser
la convivialité, repérer les principes de l’alimentation
équilibrée, proposer des temps à thèmes (activités de remise en
forme, soirées films, sortie culturelle, repas à thèmes),
réaliser le document « gestion des tâches », favoriser la
connaissance mutuelle de l’ensemble des intervenants
(compagnons, amis, salariés) â ces premières actions
permettront d’étoffer les demandes des compagnons et
d’amener à une expression des besoins.
Ces propositions pourront se mettre en place si il
y a une réelle volonté de la communauté de procéder aux
changements, préalable nécessaire à la mise en place
d’actions concrètes.
Nous souhaitons que le travail du CODES concernant la
mise en avant de ces constats permettra à la communauté de
réfléchir sur les suites à donner.
Le CODES propose une continuité dans le partenariat par
un soutien méthodologique.