Un des objectifs des politiques de santé et décrit dans les PRAPS est la garantie à tous de « l’accès aux droits ». Cette préoccupation se retrouve à travers le dispositif du RMI, en 1988, prévoyant pour tout bénéficiaire une affiliation au régime général de la sécurité sociale. En 2000, la mise en place du dispositif de couverture maladie universelle s’inscrit dans la même préoccupation. Pourtant, ces dispositifs rencontrent des limites.
Que ce soit pour des raisons économiques, psychologiques ou culturelles, les catégories défavorisées ont moins recours au système de soins (difficulté à faire valoir les droits, manque d’informations, démarches non effectuées, obstacle financier car soins pas suffisamment pris en charge, problème d’accessibilité des structures, démarches administratives complexes, freins psychologiques, sentiment de dévalorisation de soi qui n’est pas propice à la gestion du capital santé). Cela se manifeste par : un recours tardif aux soins, une distance par rapport au corps médical, un éloignement des lieux médicaux, le tout engendrent une aggravation de la situation d’exclusion.
Les évaluations menées lors des actions collectives d’éducation pour la santé auprès du public en précarité menées par le CODES et les différents professionnels oeuvrant dans le champ social montrent que le public n’est pas toujours ou mal informé de ses droits. Il est donc important de consolider les explications sur les dispositifs d’accès à la prévention, aux droits et aux soins apportées par les professionnels et cela de façon simple et accessible afin d’éviter les situations d’exclusion.
Le projet présenté ici s’inscrit dans la continuité des actions successivement mises en place par le CODES auprès du public en situation de précarité.
Les bénéfices retirés par les participants d’un travail collectif sont : le réinvestissement d’un désir de promotion sociale et professionnelle ; la revalorisation de son image ; le recours aux soins ; la reprise d’un suivi médical ; l’appropriation au quotidien de gestes de prévention ; la création et le renforcement de liens sociaux ; le relais des informations dans l’entourage. Il répond à la demande soutenue des professionnels (actions et/ou soutien méthodologique).
Afin de répondre à la demande du public (manque d’informations sur les dispositifs existants, difficulté à repérer les personnes ressources) et/ou des professionnels (difficulté à mettre à jour les informations, manque de temps pour informer le public), le CODES propose d’organiser des séances d’informations collectives sur l’accès à la prévention, aux droits et aux soins (échange et information sur des thèmes de santé, présentation de dispositifs et rencontre avec des structures et institutions).
Mise en place d’un atelier sur la santé globale, de 10 séances , sur 1 territoire en zone urbaine sensible auprès d’un groupe de 10 à 15 personnes en situation de précarité sur la santé, les droits et la prévention permettant la réflexion et l’échange de paroles en partant des représentations et des attentes du public.
L’action doit permettre de :
- Mobiliser le public sur leur santé.
- Sensibiliser le public aux dispositifs d’accès à la prévention, aux droits et aux soins (bilan de santé, CMU, ).
(Par exemple : la présentation du bilan de santé pourra se faire dans le lieu concerné pour faciliter la rencontre avec la structure, dédramatiser l’examen et établir une relation de confiance. Elle pourra se poursuivre par la prise de rendez-vous et une « sortie » en groupe pour effectuer le bilan).
- Permettre aux habitants de devenir acteurs dans leurs démarches de santé.
- Développer une dynamique partenariale entre les acteurs locaux.
La préparation globale de l’atelier inclut :
- L’organisation de l’action entre le CODES et la mairie : réunions préparatoires le 28/09 et 07/12/2009.
- La rencontre des acteurs de la ville avec la constitution d’un comité partenarial.
Objectif du comité : identification des acteurs, participation des acteurs à la mobilisation du public, lancer une dynamique partenariale (le dynamiser puis le rendre autonome) qui favorisera le relais et les actions après l’intervention du CODES95 â lien ASV.
3 rencontres (28/01/2010, autres dates a définir)
- La mobilisation du public : à partir du comité partenarial et lors d’une information collective de présentation du projet le 18 février (les acteurs mobilisent leur public et l’accompagne pour cette première rencontre).
- La préparation des séances d’animation et l’animation auprès du public. Le contenu de l’atelier est déterminé avec le public dans une démarche participative.
Les animations auront lieu à la maison de quartier de l’axe majeur (Cergy St Christophe), de 14H à 16H30 aux dates suivantes : 09-11-16-23 et 30 mars, 06-13-20 et 27 avril, 29 avril de 9H30 à 12H.
- L’évaluation des actions avec le public et les professionnels.
- La promotion de l’action par des articles, mise en ligne sur sites Internet
Partenaires associés à l’action :
Services de la mairie, du Conseil général (CDDS, PMI, centre de planification), CPAM, IPC, acteurs locaux, centres municipaux de santé, associations caritatives
Pour Stufflebeaum et Demarteau, « Evaluer c’est produire des connaissances (définir ce que l’on veut observer et recueillir des données en définition des critères et des indicateurs) sur lesquelles on applique un jugement (analyser et interpréter les résultats) pour prendre des décisions (utiliser les résultats) » (Petit guide de l’évaluation en promotion de la santé, François NOCK, 2006).
* l’évaluation du processus (la stratégie, les activités, le calendrier, l’utilisation des moyens humains, techniques et matériels) s’intéresse aux liens qui existent entre les différents éléments du programme et les résultats produits ;
* l’évaluation de l’impact cherchera à établir dans quelle mesure les objectifs du programme sont atteints et à noter les changements provoqués par l’action sur la population concernée.
L’évaluation s’effectuera à partir de l’observation directe de la chargée de projet au cours des différentes séances d’animation, mais aussi à partir de séances de bilan avec les participants et avec les partenaires. Suite à la création d’outils d’évaluation, cette dernière peut se faire sous différentes formes :
- évaluations intermédiaires et en fin d’action avec les participants de l’atelier,
- bilan en fin d’action avec les professionnels de la structure,
- note d’évaluation rédigée par la structure partenaire de l’action.
- description de l’action
- participation du public à l’action (présence, implication dans le projet)
- implication des partenaires
- déroulement de l’action (écart entre le prévu et le réalisé)
- freins et leviers de l’action
- nombre et types de structures partenaires
- nombre de réunions préparatoires pour les ateliers
- nombre de réunions de bilan organisées
- suites données à l’action par les professionnels des structures partenaires
- acquisition de connaissances par le public
- démarches entreprises par le public suite aux actions et/ou changement opérés par les participants
- recours aux professionnels de proximité
- témoignages des participants à l’action.
Site Internet du CODES et de la ville de Cergy.
Rédaction d’articles pour la presse
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